Fashion Week Homme Automne-Hiver 2018/2019

La Fashion Week masculine Automne-Hiver 2018/2019 s’est terminée dimanche dernier en beauté par Kenzo. Mais le vestiaire masculin s’est également illustré par petites touches lors de la semaine féminine comme chez Azzaro,  Givenchy ou Yumi Katsura.  L’homme de l’hiver prochain sera un aventurier, guerrier, quelque peu féminin… Il n’hésitera pas en effet à emprunter des coupes et matières destinées à la gente féminine comme des drapés, des sequins, des vestes courtes… Retour sur les défilés qui m’ont marqué pendant ces deux semaines de la mode.

Palomo Spain à la fois nonchalant et excentrique

 

Créée en 2015 à sa sortie de la London College of Fashion, Alejandro Gómez Palomo, est un espagnol originaire de Cordoba, dans le sud de l’Espagne. Cet hispanique, finaliste du LVMH Prize de 2017, a pour fer de lance le romantisme/érotisme twistés d’influences ibériques. S’il est célèbre pour avoir notamment habillé Beyoncé ou Miley Cyrus, il continue de développer une garde robe très androgyne, à la fois queer (peu commun si vous ne connaissez pas le mot) et ultra kitsch. Pour sa dernière collection, il a voulu « libérer les hommes » en utilisant des matières et des coupes habituellement réservées aux femmes : hanches nues, décolletés, plumes et dentelles… Il offre ainsi un vestiaire unique et sophistiqué, à celui qui osera le porter (comme la plupart des invités du show d’ailleurs). J’ai adoré sa veste bleue brillante à manche bouffante rayée bleue et blanche, son costume gris avec motifs floraux (volutes) et col et manches en fourrure et son look tout en brillance avec gilet en cuir noué à la taille.

Palomo Spain 
https://www.palomospain.com/

Louis Vuitton, dernière collection façon Kim Jones

 

Clap de fin pour Kim Jones qui, après 7 ans passés à la direction artistique de la partie masculine de Louis Vuitton, signe son dernier défilé en grand pompe. S’il a salué le public accompagné de Naomi Campbell et Kate Moss, comme une façon de dire qu’il est devenu un créateur star, sa collection n’en demeure pas moins sophistiquée. L’homme LV se veut à la fois aventurier et urbain à en voir les chapeaux de scout et les bottines siglées. Bien couvert (en même temps c’est l’hiver), il se pare de vestes, bombers et pantalons métallisées, de cols roulés orange, beige, jaune fluo ou imprimés façon marbre et bien sûr de différents sacs pour la plupart XXL qui lui permettent de transporter pas mal d’affaires. L’homme Louis Vuitton est donc résolument un randonneur urbain.

Louis Vuitton
101, Avenue des Champs Elysées, 75008, Paris
2 Place Vendôme, 75001, Paris
https://fr.louisvuitton.com/fra-fr/histoires/men-fall-winter-2018-show

Sean Suen, rencontre entre l’Orient et l’Occident

Originaire de Pékin, Sean Suen a voulu pour cette collection une rencontre entre l’Est et l’Ouest qui rend hommage au Puyi, le dernier Empereur de Chine. Comme un écho au film Le Dernier Empereur, du réalisateur italien Bernardo Bertolucci sorti en 1987, le créateur s’est inspiré des différents costumes du film. On y retrouve donc un vestiaire d’inspiration monastique, avec des manches souvent longues voire oversize, mais toujours cintré au niveau de la taille. La silhouette de l’homme est donc bien mise en valeur avec les trenchs et les manteaux grâce à leur ceinture. Les différentes matières (laine, fourrure et matelassé) apportent de la délicatesse. Même si le noir à la fin est omniprésent, qui rend le défilé presque monochrome, j’ai adoré tous les manteaux surtout le premier façon kimono bi-matière marron et les différents pantalons slim.

Sean Suen
http://www.seansuen.com/aw18runway

Dior Homme et son retour aux années 90.

Forever Young, c’était l’état d’esprit de la collection Automne-Hiver 2018/2019 présentée par Kris Van Assche. Pour rappeler ce retour aux années 90, outre le décor de boîte de nuit très underground, le défilé a été ouvert par Came­ron Alborzian, grand mannequin de cette période – qui a notamment fait plusieurs campagnes pour Versace – et suivi par d’autres grands noms des podiums comme Arnaud Lemaire, Mark Vande­loo,  Alain Gossuin… Tous portaient superbement le style tailoring avec des costumes impeccablement coupés et encore plus surprenant une veste faisant référence au tailleur bar de Christian Dior. La deuxième partie était composée de vêtements de style Street Wear, très « rave », assez cher à Kris Van Assche. Mettant la culture du tatouage, à laquelle il fallait s’attendre à en voir l’invitation, le créateur a donc voulu exprimer cette dualité entre les deux styles. Au final, une collection qui s’adresse à toutes les générations.

Dior Homme
24 rue François 1er, 75008, Paris
https://www.dior.com/couture/fr_fr/mode-homme

Comme Des Garçons, graphique et asymétrique

Rei Kawabuko continue de se démarquer saison après saison en présentant un vestiaire toujours plus sophistiqué. Avec sa collection Comme Des Garçons Homme Plus, la créatrice de 75 ans, originaire du Japon, a livré un défilé étonnant. La première partie était composée de veste et short (pour les hivers au soleil ?), bigarrés mais la plupart du temps dans les tons bleus. Les mannequins portaient une tête de dinosaure en feutrine réalisée par Masakatsu Shimoda. La deuxième dans une palette blanche était tout à fait sublime avec un vestiaire asymétrique que ce soit dans la coupe mais également dans les motifs. J’ai notamment adoré la veste effet craquelé (limite pierre de Bavière) bleue et celle blanche asymétrique, matelassée avec une fermeture à pression couleur argent.

Comme des Garçons
54 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris
www.comme-des-garcons.com

Balmain Homme, le glam-rock dans la peau

Pour cette saison l’Homme Balmain selon Olivier Rousteing est avant tout un guerrier paré d’une armure couture très sophistiquée. La couleur kaki est prédominante et elle est travaillée de plusieurs manières : en drapé, gainé, en maille… tout y est. Il veut également paraître clinquant en parant ses vêtements de broderies, de strass et de sequins. Il doit briller dans cette société où l’allure à son importance. Mélangeant les matières et les coupes comme ces pantalons skinny en PVC associés avec hauts brodés, drapés etc. Pour Olivier Rousteing, « Fashion is not a Evolution but a Revolution ». Ce que j’aime chez Balmain Homme c’est avant cette coupe, qui met en valeur la silhouette de l’homme comme jamais. Il a cette tendance à élargir les épaules et à marquer la taille ce qui en fait un corps en V. Juste sublime !

Balmain
44 rue François Ier, 75008, Paris
www.balmain.com

Givenchy et Azzaro, le nouvel homme

Que ce soit Claire Waight Keller chez Givenchy ou bien Maxime Simoëns chez Azzaro, les deux directeurs de la création fraîchement arrivés (première collection pour Waight Keller et deuxième pour Simoëns) ont livré leur vision très contemporaine de l’homme en même temps que la Haute Couture. La première a montré une version toute en structure et mouvement tandis que le second joue sur la brillance et la coupe. Tous deux complètent parfaitement leur collection féminine grâce à des vêtements parfois androgynes, à en voir les vestes à franges chez Givenchy portées par des hommes et des femmes, et celles tout en brillance s’arrêtant au dessus des hanches chez Azzaro. On remarque également quelques vestes et pantalons en sequins.

Givenchy

Azzaro

Givenchy
29 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris
56 rue François Ier, 75008, Paris
www.givenchy.com

Azzaro
65 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris
(Bientôt une boutique dédiée à l’homme à Saint-Germain-des-Près)
https://www.azzaro-couture.com/

Heirama

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